"Une tache presqu'humaine. Un presqu'humain qui serait une tache. On voit ici des taches d'êtres. Des sacrilèges d'espace, et de vibrantes blessures d'univers.

Des crues paroles d'abîme, âpres et cinglantes, fragiles comme un fragment éclaté, implacables comme une faille d'univers.

Et la tragédie de l'existence n'en finit pas de surgir des profondeurs, et les surfaces n'en finissent pas de brûler dans le presque rien.

Art de brûlots. Art de cendres et de sombre sacralité.

Dans la grotte intime, Arnaud MARTIN saccage  tous les miroirs de l'art. Il affronte les ténèbres. Il les accule. Et ses impensables créatures, archaïques et ultimes, ensemencent le vide. 

Elles saignent dans l'opacité sans limite. Elles bouleversent l'étendue. Un être innommable, incertain, spectral et précaire, hante à vif ces creux humains durement crées. Eternelle inguérissable mémoire de corps, seul lieu de vie habitable dans la nuit infinie de l'univers. A travers les obscurs tressaillements de la lumière, Arnaud MARTIN ose faire parler l'opacité : L'opacité prend l'espace, et l'espace est possédé. Art incantatoire et magique. Art de la possession.

Arnaud MARTIN, maître en exquises d'humanité est de la race des acharnés. Il défigure crûment les apparences. Il a le sens aigu du gouffre et des formes vives qui s'étreignent sourdement. 

Il a le sens de la nuit et de la silhouette surgissante  et mordante .Droit sur les noirceurs, il racle le fond. Mais la toile respire. De ciselés dessins sont récemment apparus, tous tracés au scalpel, aigus comme des pointes de ciel. Infimes scénographies ensorcelées".

 

                                                                                                                                                                                           Christian NOORBERGEN 

                                                                                                                                                                                                           (critique d’art)

 

 

"Arnaud Martin se présente comme un peintre autodidacte, anarchiste. Il s'intéresse au nihilisme, à l'expressionnisme, à l'animisme et à la mélancolie.

Il vit à Maisons-Alfort, près de Paris, si près du centre d'activité et en même temps si loin des cercles artistiques qui siègent dans la bien nommé capitale des arts.

Arnaud crée depuis longtemps une œuvre artistique singulière qui au fil des ans a acquis l'identité d'une mythographie personnelle, dans le sens d'une adaptation ciblée de caractère social et antisocial.

Ses figures apparaissent comme les fantômes d'une dialectique qui existent en changeant de place et de corps, en devenant humains ou animaux. Ils visent à devenir quelque chose d'inconnu, un entre deux. Arnaud cherche l'homme, étrangement non pas parmi les hommes mais parmi les obscurs symboles ancestraux qui habitent ses toiles".  YANNIS LIVADAS (poète)

   

"Arnaud MARTIN est peintre, et poète. Ces deux casquettes sont-elles redondantes ou, au contraire, complémentaires ? Pour nous, il faut voir les choses d’un œil détaché, presque extérieur à celui de nos ressentis. Les poèmes d’Arnaud sont noirs, ou dégagent cette sorte de fureur rentrée de ceux qui se sont trop longtemps tus. Pourtant, Arnaud s’exprime, par la plume et le pinceau.

Ce pinceau dégage des formes tour à tour rassurantes et angoissantes, de jets comme autant d’éléments viscéraux qui devaient, d’une façon ou d’une autre, sortir d’un corps au centre de ses nombreuses toiles.

De sa plume ils jaillissent également, ces mots ou maux de l’âme, de qui est le corps ? De qu’est-ce que la vie ? Du pourquoi de ces interrogations, du qui possède les réponses, si toutefois réponses il faut y apporter.

Un univers ne peut définir une personne, mais peut très bien entrer en résonance auprès d’un tiers. Nul doute que l’art d’Arnaud nous heurte, nous fragilise, nous déstabilise, comme pour mieux nous remettre d’équerre, nous mettre un coup de jus pour réalimenter un cœur en panne.

Noir, sombre, et pourtant teinté d’un sentiment plus léger, loin derrière les premières sensations déconcertantes. Nous nous surprenons à lire (autant dans les écrits que dans les couleurs) le tréfonds de nos âmes. Tourmentées. Combien même nous ne laisserions rien paraître. Oui, il peint la toile de nos obscures pensés, il décrit en peu de mots ce que nous avons tous un jour ou l’autre ressenti.

Ces poèmes, courts, instantanés, définitifs sont évidemment le reflet d’un travail intense, de celui d’une vie passée à assembler des pensés et à la restituer telles qu’elles devaient l’être, telles qu’elles doivent être. Bien sûr, cela laisse des traces sur nos corps, mais qu’importe, car l’apport est salutaires, nous permet de respirer un peu plus fort, un air un peu moins vicié.

Renaissance des lumières, que ce nom colle bien à son propos. La renaissance, cet acte tellement surjoué qu’il en devenait vide de sens. Ici, il retrouve son contenu, son essence, à travers une lumière qui finalement, même au plus fort de la nuit, ne cesse de nous guider". (LITZIC Blog Janvier 2019)